En tête de file pour les premières historiques réalisées par le programme nucléaire des Émirats arabes unis

Avis professionnels

décembre 1, 2021

<<photo – légende : Hasna Al Blooshi est actuellement directrice de la formation chez Nawah Energy Company, une joint-venture entre l’Emirates Nuclear Energy Corporation (ENEC) et la Korea Electric Power Corporation (KEPCO), chargée des opérations et de la gestion des Unités 1-4 de la centrale nucléaire Barakah située dans la région d’Al Dhafra, à Abu Dhabi, aux Émirats arabes unis>>

Très tôt, Hasna Al Blooshi savait déjà qu’elle voulait travailler dans le secteur de l’énergie. « Mes parents travaillaient dans l’industrie pétrolière et gazière. J’ai donc grandi dans une famille où l’on parlait constamment de science, de technologie et d’ingénierie », explique Hasna. Rien de plus naturel pour elle que de suivre la même trajectoire que ses parents. Elle a commencé à travailler pour une société d’exploitation du pétrole et gaz tout en finissant ses études universitaires le soir. Plus tard, lorsque les Émirats ont lancé le programme d’énergie nucléaire pacifique des Émirats arabes unis, elle a saisi l’occasion de participer à ce qui deviendrait l’une des premières historiques pour le pays et le monde arabe. Elle est actuellement directrice de la formation chez Nawah Energy Company.

« Voir couler le béton de l’unité 1 de Barakah a suscité un engouement difficile à décrire. La centrale de Barakah est la première dans le monde arabe, et donc toute étape importante entre dans l’histoire. Et on assiste à tellement d’occasions mémorables. C’est un moment à fêter non seulement pour les employés, mais pour tous les ressortissants des Émirats. »

<<Photo : Hasna Al Blooshi (gauche) sur le chantier de la centrale de Barakah>>

Composée de quatre réacteurs nucléaires APR-1400, la centrale de Barakah est entrée en opération, commercialement parlant, cette année avec l’Unité 1. L’Unité 2 suivra sous peu après avoir déjà été raccordée au réseau électrique. Les Unités 3 et 4 ne sauront tarder, la 3 étant déjà construite. Une fois les quatre unités en opération, on estime que la centrale fournira jusqu’à 25 % de la demande en électricité des Émirats et contribuera à l’effort global pour réduire les émissions carboniques.

La centrale de Barakah présente de fantastiques opportunités pour la péninsule arabe et le secteur nucléaire mondial. Elle représente une étude de cas positive pour les nouvelles nations envisageant une transition à l’énergie nucléaire, offre une solution au changement climatique et permet de diversifier le portefeuille énergétique des Émirats arabes unis.

Elle illustre également le besoin et l’importance d’investir pour établir un pipeline de talents qui prendront la tête du secteur nucléaire émirien en pleine croissance. D’après Hasna, le développement de talents recèle d’opportunités. « Nous voulons nous assurer que les employés ont accès à des formations qui les feront progresser vers l’excellence en matière d’opération. Nous recrutons et formons continuellement des professionnels pour être surs qu’un pipeline de talents adapté soit disponible aux Émirats pour les 60 années d’opération à venir. »

Des sommes colossales ont déjà été investies dans ce domaine. Par exemple, la centrale de Barakah, à la pointe de la technologie, comprend deux simulateurs de réacteurs nucléaires à pleine échelle et deux de plus sont prévus. Ces équipements servent à former les opérateurs afin de renforcer la capacité du secteur en ressources humaines. Par ailleurs, des partenariats établis avec divers établissements académiques permettent aux employés d’assister à des cours universitaires en ligne sans avoir à faire de longs trajets.

Faire émerger une nouvelle génération de leaders émiriens, particulièrement des femmes, entre également en jeu, un sujet qui passionne Hasna. Près de 70 % des diplômés universitaires aux Émirats sont des femmes. Tandis que le nucléaire est traditionnellement considéré comme un milieu masculin, les Émirats ont le plus haut pourcentage de femmes y travaillant, soit environ 20 % de la main d’œuvre nucléaire.

« Je promeus et encourage toujours les jeunes femmes à intégrer le programme nucléaire des Émirats, pour tirer parti de la formation et des opportunités professionnelles dont nous bénéficions ici. C’est vraiment un secteur unique et une chance exceptionnelle que l’on ne rencontre qu’une fois dans sa vie. »

Hasna a activement participé à la fondation de l’antenne de Barakah de Nucléaire au féminin (Women in Nuclear) l’antenne de Nucléaire au féminin (Women in Nuclear) à Barakah afin d’aider le secteur nucléaire à devenir un employeur de choix pour les femmes émiriennes. Cette antenne met en relation les personnes travaillant dans le secteur avec un réseau mondial de 35 000 femmes dans plus de 130 pays du monde entier. En 2016, l’antenne de Barakah a organisé la conférence annuelle de Nucléaire au féminin, qui a rassemblé des centaines de déléguées venues des quatre coins du monde pour en savoir plus sur le programme d’énergie nucléaire pacifique des Émirats arabes unis, élargir leur réseau, partager leurs connaissances et apprendre les unes des autres.

<<Légende : Hasna Al Blooshi (troisième à gauche) a joué un rôle déterminant lors de la fondation de l’antenne de Barakah de Women in Nuclear, un réseau mondial de femmes travaillant dans le secteur nucléaire>>

Une dizaine d’années après s’être immergée dans le secteur nucléaire, Hasna est toujours enthousiaste en partant au travail chaque jour. « C’est très motivant d’être une pionnière dans le secteur énergétique des Émirats…. De faire partie d’une nouvelle ère d’électricité propre et aider Nawah à devenir l’un des opérateurs nucléaires majeurs dans le monde. »

Elle transmet ce sentiment de responsabilité et de fierté à ses trois jeunes enfants. À l’heure du diner, les enfants boivent les récits pionniers de la première centrale nucléaire florissante du monde arabe. Tout comme ses parents le faisaient dans sa jeunesse, Hasna cherche à les inspirer à prendre conscience d’où vient l’énergie qu’ils utilisent et le rôle qu’ils peuvent jouer dans les innovations d’avenir et repousser les limites. Elle a fait sien l’adage national que tout Émirien connait : « Rien n’est impossible ».

thomasthor

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