Zion Lights: En soutien du nucléaire

Avis professionnels

octobre 6, 2020

« La société dans laquelle nous vivons fait preuve d’un niveau de connaissance scientifique plutôt bas » : c’est ainsi que Zion Lights a choisi d’entamer notre conversation. Et pourtant, les gens sont convaincus que nous traversons une crise environnementale. D’après elle, « les gens veulent des solutions », et le projet de construire deux nouveaux réacteurs EPR à Sizewell C est une priorité à ses yeux. Par Jeremy Gordon

« Environnementaliste de longue, longue date », telle qu’elle se décrit elle-même, Zion est dans l’action depuis son enfance. Après avoir écrit The Ultimate Guide to Green Parenting (un guide de parentalité écologique publié en 2015) et été porte-parole d’Extinction Rebellion, elle a pris l’habitude de se confronter aux différentes polémiques dans le domaine scientifique. « Pourquoi êtes-vous pour la vaccination ? », lui ont demandé certains lecteurs. Dans son livre, elle a choisi une approche de la parentalité reposant sur des données probantes. « Les gens ont contesté ce point, et pourtant ce que j’avais déclaré sur les vaccins était tout aussi scientifique que mes recommandations sur les modes de transport, qu’ils avaient acceptées. Alors, où est le problème ? »

Malheureusement, « on trouve de nombreux articles prétendant s’appuyer sur des faits, mais qui ne sont pas vrais. C’est difficile de faire le tri dans ce qu’on vous présente et de retrouver les faits », regrette-t-elle.

Certaines personnes ne sont pas prêtes à accepter ce qui va à l’encontre de leurs idées, mais en ce qui concerne Zion, c’est tout l’inverse. Pour le nucléaire, il ne lui a fallu lire qu’un seul article pour ouvrir les yeux et continuer de se renseigner sur la question. Il est possible de trouver une multitude d’informations sur l’énergie nucléaire, si on cherche un peu, et de bien meilleure qualité que celles issues de sources anti-nucléaires. « J’ai étudié les chiffres à l’état brut et le livre de David MacKay, L’énergie durable, Pas que du vent. On trouve un nombre colossal de travaux de recherche. Comment est-ce que j’aurais pu NE PAS changer d’avis ? »

« Je me suis rendu compte qu’on m’avait trompée. On m’avait menti au sujet du nucléaire et ces gens-là y croyaient eux-mêmes. Et ils y croient parce que d’autres y croient » affirme-t-elle.

Depuis ce moment-là, Zion a compris que le nucléaire devait faire partie de notre réponse face aux changements climatiques, même si elle ne pouvait ni en parler ni agir. « Mais cela a bouleversé ma vie », ajoute-t-elle, faisant allusion à un débat du Parti vert sur les solutions énergétiques pour les changements climatiques. « Sur la scène, il y avait deux membres du Parti vert avec un scientifique du bureau météorologique britannique. » Ils ont longtemps parlé des énergies renouvelables, sans jamais mentionner le nucléaire. « Je me suis donc adressée au scientifique : “D’après les travaux de recherche que je lis, nous avons besoin du nucléaire en complément des énergies renouvelables.” Mais l’animateur du débat ne lui a pas laissé le micro pour répondre. Les autres intervenants ont simplement rétorqué : “Nous n’avons pas besoin du nucléaire” et tout le monde a applaudi ! J’ai quitté le Parti vert le jour même. »

Que se passe-t-il alors ? « Nous avons peur des radiations, mais pas de la pollution. Il faut déplacer la peur là où elle devrait être. Pas parce que nous voulons effrayer les gens au sujet de la pollution de l’air, mais parce que la priorité n’est pas à sa place en ce moment.

Quand Extinction Rebellion (XR) a émergé comme une force de campagne bien plus ouverte et plus dynamique que les ONG traditionnelles, Zion s’est engagée dans le mouvement et est devenue l’une de ses porte-paroles ainsi que la rédactrice en chef de son journal, Hourglass. Bien que XR n’a jamais exprimé de préférence pour une technologie particulière, Zion sentait toujours une pression pour ne pas parler du nucléaire. « Il fallait que je me taise à ce sujet pour préserver mes bonnes relations avec une équipe qui parvenait à obtenir de grands résultats », explique-t-elle.

Et des résultats, ils ont en effet obtenu. L’objectif officiel de XR était de sensibiliser à l’action 3,5 % de la population, ce qui aurait représenté 2 millions de personnes au Royaume-Uni. Même s’ils ne l’ont pas atteint, ils ont eu une portée suffisamment large et profonde pour changer le narratif sur l’urgence climatique, déclarée en 2019 par le Parlement britannique. Le grand public est conscient du problème et est prêt à passer à l’étape supérieure. « Il nous faut des ingénieurs et des scientifiques. C’est le bon moment, il faut que ce changement se produise. Les gens veulent des solutions. » Et pour Zion, l’époque est propice au nucléaire.

« Il y avait déjà beaucoup de personnes travaillant sur la question des énergies renouvelables, du ré-ensauvagement, etc., mais personne ne faisait rien pour le nucléaire. Il est temps que ce changement se produise. C’était déjà le cas il y a dix ans, mais maintenant je suis en position d’agir. »

Quelques semaines seulement après avoir quitté XR et avoir annoncé qu’elle dirigerait la branche britannique de l’ONG de Michael Shellenberger, Environmental Progress, Zion en a cofondé deux autres en soutien du nucléaire : Mothers for Nuclear UK ainsi que Nuclear for Net Zero. Elle a écrit une lettre ouverte au Premier Ministre, Boris Johnson, pour soutenir le projet à Sizewell C portant le message que « le nucléaire est au cœur d’une relance verte », et que le pays peut s’approprier la conception du réacteur EPR en reproduisant les deux d’Hinkley Point C à Sizewell C, ainsi que sur d’autres sites. Cette lettre a été signée par plus de 140 personnes (dont moi).

Au programme, quelques événements ouverts au public alliant l’utile à l’agréable, organisés par des personnes qui pensent que la société ne tire pas profit du nucléaire : pique-nique et baignade à l’occasion de la Fête sur la plage de Sizewell C le 12 septembre, puis l’événement annuel Stand Up for Nuclear le 20 octobre.

« Tout passage du nucléaire aux énergies fossiles détruit la planète, détruit les espèces, nous tue.  Si nous disons que nous nous appuyons sur la science, » comme l’affirme gouvernement britannique au sujet du changement climatique, « faisons-le et soyons constants sur ce point. »

« Tout passage du nucléaire aux énergies fossiles détruit la planète, détruit les espèces, nous tue. C’est le bon moment, il faut que ce changement se produise. Les gens veulent des solutions et Sizewell C doit être construit » affirme-t-elle.

With 16 years of communication experience in the international nuclear industry, Jeremy supports clients who want to humanise nuclear energy and improve its public image so that it can play a full role in human development and environmental protection.

Jeremy Gordon
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