Construire la main d’oeuvre et la communauté future de Cumbria

Avis professionnels

July 14, 2020

Pour la plupart d’entre nous, la sécurité de l’emploi est vue comme une priorité. Or, pour Sellafield et le comté de Cumbria, ce qui compte est la sécurité de la main d’œuvre. « Programme and Project Partners » (PPP) vise à assurer la mise en place à Sellafield de projets de démantèlement de grande envergure sur les vingt prochaines années, ce qui représente la moitié de la carrière d’un individu. Le succès du modèle PPP dépend donc de la capacité à constituer dans le Cumbria un réservoir de talents divers, et à l’entretenir, sur une échelle de temps comparable.

Chargée de l’aspect humain, Thomas Thor Associates se consacre au recrutement, à la recherche de dirigeants et au conseil au sein de la filière nucléaire. Cette PME opère pourtant un peu différemment. « Il ne suffit pas de trouver les bonnes personnes aux bons postes », explique Lisa Stanger, consultante principale au sein de la société. « Nous cherchons à trouver la prochaine génération qui participera à la mission de Sellafield et fera partie de la communauté du comté. »

Tony Cole, responsable des projets d’envergure, ajoute : « nous tenons compte du fait que Sellafield veut améliorer sa performance en matière d’exécution de projets. Pour cela, ils souhaitent transformer leur mode opératoire en y intégrant de nouvelles manières de faire, des idées nouvelles ainsi que des processus de réflexion différents. Ils veulent incorporer une diversité cognitive plus importante. Thomas Thor s’engage ainsi à jouer un rôle essentiel pour rendre cette vision d’avenir possible dans les deux prochaines décennies. »

« Afin de répondre aux attentes de Sellafield et de la communauté locale, nous travaillons au sein du PPP en faisant venir un afflux de talents neufs », explique Lisa Stanger.

Établie à quelques kilomètres de là dans le bureau de Cleator Moor, l’équipe recrute tout d’abord au niveau local et se penche sur les profils des nombreuses personnes de la région qui souhaitent depuis longtemps travailler dans le secteur nucléaire. « Il s’agit, en partie, d’identifier les personnes établies ici qui peuvent être formées de manière transversale ou qui pourraient se reconvertir facilement », souligne Callum Thomas, PDG de Thomas Thor. Lorsqu’il faut chercher plus loin, son équipe se tourne tout naturellement vers le réseau de Thomas Thor. Avec neuf bureaux de par le monde, ils ont ainsi accès à des profils de candidats compétents dans le domaine nucléaire.

Thomas Thor s’appuie également sur une autre stratégie : faire venir dans le Cumbria les talents internationaux issus d’autres secteurs que le nucléaire. Callum Thomas rapporte également que « pour chaque projet, il nous faut des experts dans le contrôle de projet. On trouve des talents bénéficiant de cette expérience dans le monde entier, mais aussi dans des branches différentes. Nous constituons donc activement un réservoir d’experts ayant fait leurs preuves dans ce domaine et qui pourraient avoir envie de s’installer dans le Cumbria dans un avenir plus ou moins proche. Une fois ce réservoir créé, nous nous assurons que le profil de ces personnes correspond aux objectifs en matière de diversité de Sellafield pour les années à venir. Au lieu de recruter de manière réactive, ce qui se fait habituellement, il est nettement plus avantageux d’avoir identifié entre 50 et 60 experts en contrôle de projet prêts à s’établir dans le Cumbria. Nous recherchons en priorité des gens qui vivront sur place, dans le Cumbria, et apporteront une valeur à la communauté locale à long terme, plutôt que ceux qui ne resteraient que la semaine. »

Pour le secteur nucléaire du comté, l’équipe de Thomas Thor a déjà intégré des talents venus d’ailleurs et de toutes sortes de filières, en s’appuyant sur leurs liens familiaux dans la région. S’ils manifestent un quelconque intérêt, « nous pouvons avancer », explique Callum Thomas. « Avoir une vision sur vingt ans aide à réfléchir et à planifier sur le long terme. En anticipant les besoins, nous pouvons, par exemple, mettre sur pied des programmes de formation qui permettent de créer un réseau de talents. »

Par ailleurs, collaborer avec les initiatives sociales déjà en place dans la région est essentiel pour ces deux approches de recrutement. Thomas Thor veut se greffer aux initiatives sociales qui œuvrent déjà dans le comté, avec comme premier objectif, une collaboration sur un service de relocalisation pour soutenir les individus et les familles qui viennent s’installer en Cumbria.

Selon Tony, « la raison d’être du PPP est les résultats : on cherche à apporter de la valeur en termes d’argent et d’innovation, pas seulement au niveau des nouvelles technologies mais aussi des techniques. On veut faire les choses non seulement différemment, mais surtout mieux. Notre rôle consiste à apporter une valeur ajoutée en proposant nos services habituels, mais avec fraicheur et en innovant. Il s’agit aussi de pousser nos propres capacités en réalisant encore plus et en élargissant notre propre empreinte ‘locale’ tout en soutenant le PPP dans sa croissance et en apportant un plus à la communauté du Cumbria. »

La vision de Sellafield sur les vingt prochaines années repose en grande partie sur la réussite du PPP, alors que le champ d’application de son programme de travail s’étend plutôt sur l’équivalent de plus d’une vie toute entière, ou cent ans. Avec une telle échelle de temps, cette réussite portera tout autant sur l’épanouissement des communautés de Cumbria que sur le succès du projet nucléaire.

Cet article a d’abord été publié en anglais sur le site de l’Association de l’Industrie Nucléaire Britanique ici.

thomasthor

Share this post

[type='submit']
[type='submit']