Sreeram Thozhur: une carrière au service de l’énergie nucléaire

Avis professionnels

July 16, 2019

Lentement mais sûrement : telle est la devise de Sreeram Thozhur, ce qui ne l’a pas empêché de parcourir du chemin en 12 ans de carrière. Du sud-est de l’Inde, il est parti pour de nouveaux horizons, au Royaume-Uni et aux Émirats Arabes Unis, saisissant des occasions qui lui ont permis d’apporter sa contribution à la continuité de l’énergie nucléaire, sa croissance et son avenir.

Lors de notre rencontre, avant son dernier changement de poste, il m’a expliqué que « la plupart de mon expérience dans la filière nucléaire s’est faite chez EDF Energy où j’ai travaillé pendant cinq ans et demi. » Les Réacteurs Avancés refroidis au Gaz n’existant qu’au Royaume-Uni, l’évaluation de leur sécurité passe par des codes spécifiques. Sreeram faisait partie de l’équipe chargée d’analyser l’intégrité structurelle des composants installés et d’élaborer les codes nécessaires en fonction de l’expérience.

Dans ce contexte où l’ingénierie est au plus pratique, « il n’y a pas toujours de solution toute faite. Parfois, il faut mettre sur pied une solution en tirant des conclusions et collaborant avec plusieurs équipes issues de disciplines différentes », se souvient Sreeram. « Dans le nucléaire, on s’attend à ce qu’il faille se conformer aux directives, ce qui est possible si le problème est relativement bien compris. Sinon, il faut être plus créatif. »

Le travail de Sreeram au sein de cette équipe a permis à EDF Energy d’avancer ses arguments pour prolonger la durée de vie des centrales, des arguments au cœur des questions de sécurité. Cela lui a également servi de tremplin pour son prochain poste grâce à son expérience dans la gestion de programmes d’action corrective visant à garder une trace et à résoudre les problèmes de non-conformité identifiés par l’équipe au niveau de l’équipement et des procédures dans les centrales.

Sreeram a ensuite travaillé à Barakah, où un projet de grande envergure entamait la construction d’un réacteur de conception coréenne, l’APR 1400, dans l’émirat d’Abu Dhabi, le nouveau venu dans la filière nucléaire. « Avec quatre réacteurs gigantesques construits simultanément et plus de 50 nationalités travaillant sur place, nous avons dû surmonter des barrières culturelles pour mieux comprendre les problèmes. La clé était vraiment de communiquer en face à face.  » Le rôle de Sreeram a également été déterminant puisqu’il gérait le programme d’action corrective sur l’ensemble du projet pour lequel il a instauré des procédés de communication les plus clairs possibles : « tout ce que tu dis, dis-le le plus simplement possible. Évite tout sens idiomatique et sois le plus précis possible. »

Il a ainsi parcouru du chemin depuis que, jeune homme à Tamil Nadu, il avait décidé de voir ce que proposait le British Council, poussé par les membres de sa famille qui avait réussi à l’étranger. Le désir de « faire quelque chose hors du commun dans la vie » l’avait amené à poursuivre ses études au Royaume-Uni où il avait obtenu un Master en sciences des matériaux et ingénierie, suivi d’un doctorat et d’une expérience professionnelle précoce travaillant sur le transfert de connaissances dans un partenariat de recherche au sein de la filière des hydrocarbures en mer.  Ce secteur « pousse fortement la production et a une approche commerciale », ce qu’il a trouvé « très différent du nucléaire, qui se préoccupe plutôt de la sécurité.

Je préfère vraiment cet environnement de travail qui donne la priorité à la sécurité », explique-t-il. « Les problèmes émanant de décisions mal pensées ne peuvent être totalement éliminés. Il faut en être conscient et bien réfléchir à tous les aspects qui peuvent mal tourner et à toutes les conséquences possibles. » Sreeram admet que « ça correspond à ma personnalité, surtout depuis que je suis devenu père il y a onze ans. J’ai ralenti un peu et j’ai mûri. »

La prochaine étape dans la carrière de Sreeram achève sa transition des hydrocarbures vers la technologie nucléaire et ses différentes générations. Il s’apprête à prendre ses fonctions dans un poste qui lui permettra de mettre à profit son expertise dans l’ingénierie mécanique pour analyser la performance des principaux composants de systèmes énergétiques, mais sur la fusion cette fois, au Culham Centre for Fusion Energy qui fait partie d’UKAEA.

« Sur le plan technologique, c’est très différent, mais un grand nombre de principes fondamentaux d’ingénierie s’appliquent », dit-il du travail précurseur sur cette nouvelle source d’énergie tant attendue. De nombreux pays étudient la possibilité de développer leur capacité en fusion. « Si cela marche, cela révolutionnera le monde de l’énergie. »

 

 

thomasthor

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